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Sur le papier, le bâtiment est responsable d'environ 30 % à 40 % de la consommation d'énergie et des émissions de CO2 au niveau mondial. En investissant pendant une décennie 300 milliards de dollars par an, il serait possible de réduire de moitié les niveaux de consommation d'hydrocarbures des immeubles, tout en conservant un niveau de retour sur investissement satisfaisant. Mais le rapport publié hier par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD) montre que même les mesures rationnelles sont laissées de côté " parce que l'efficacité énergétique n'est pas encore vue comme une question urgente et importante par l'ensemble des acteurs ". Ces dernières années, la consommation d'énergie dans le secteur des logements a augmenté partout dans le monde en lien avec l'agrandissement des logements, l'amélioration du confort, mais un appartement dans un immeuble consomme en moyenne deux fois moins d'énergie qu'une maison individuelle selon les statistiques américaines.
Les différences sont saisissantes, la cuisson des aliments représente environ 60 % de la consommation d'un logement en Inde... contre plus de 60 % pour le chauffage en Europe. Au Japon, la consommation de chauffage est moins importante car les familles ne chauffent qu'une pièce en moyenne. Dans l'Hexagone, sur les 14,5 millions de maisons individuelles existantes, 60 % ont été construites avant 1975 et nécessitent d'importants investissements. Les propriétaires commencent par poser des fenêtres à double vitrage dans 70 % des cas, alors qu'ils devraient plutôt isoler en priorité leurs murs. " La qualité du travail accompli n'est pas suffisante ", ajoute le rapport qui montre que les mesures déjà prises par les pouvoirs publics permettront tout au plus de baisser les émissions de CO2 de 14 %.
Les experts, qui ont passé au crible six marchés dans le monde entier, demandent aux pouvoirs publics de commencer par renforcer la réglementation thermique et de faire savoir qu'elle sera régulièrement rendue plus sévère, avec mise en place de procédures de contrôle. Le Parlement européen a ainsi adopté en première lecture la semaine dernière un texte visant à ce que tous les nouveaux bâtiments, construits à partir de 2019, soient capables de produire leur propre énergie. Pour les bâtiments existants, les eurodéputés suggèrent de déterminer des pourcentages minimaux de bâtiments devant être " zéro énergie ".
Le rapport du WBCSD, financé notamment par Lafarge, Philips, ArcelorMittal ou Skanska, propose par ailleurs de taxer l'immobilier en fonction du degré de performance des bâtiments. Une idée pas évidente à vendre aux propriétaires immobiliers dans un contexte de crise...